Interview de Jean Bombin sur l’Union pour la Méditerranée

Par Coralie Durand • Mercredi 21 mai 2008 • Categorie : A ne pas manquer

Jean Bombin

Voici une interview du Docteur , Conseiller général du Var, Président de la Comission Enseigenement Supérieur Europe, Vice-président et représentant de l’Arc Latin aurprès de l’, Président d’honneur et Fondateur de l’Observatoire des Médias de la Méditerranée et de l’Arc Latin, à propos de l’.

 

 

Quel est votre rôle au sein de l’Arc Latin ?

En tant que Conseiller général du Var, Vice-président et Représentant l’Arc latin auprès de l’,  j’ai pour mission de conduire fréquemment cette association dans les grandes réunions internationales, tels le  Comité des régions, la Commission européenne ou le Parlement européen ainsi que lors de rencontres tel le Forum de ce jour. Ce positionnement de l’arc latin a été voulu dès ses débuts , qui doivent beaucoup aussi, je le rappelle, à Christian Estrosi, actuel Député Maire de Nice. L’Arc latin qui est une association née en 2002, a adopté le  droit espagnol  son siège se trouve au sein de la Diputacion de Barcelone, qui est Secrétaire général permanent. Après une Présidence espagnole avec Celestino Gorbatcho ( Actuel Ministre du Gouvernement Zapatero ), suivie par une Présidence Française de l’Hérault avec André Vézhinet, nous avons, aujourd’hui, comme  Président, un Italien, Antonio Saïtta, Président de la Provincia di Torino. L’ Arc latin est une association de collectivités territoriales NUTS III ,dans le jargon bruxellois. Elle regroupe les départements et leurs équivalents italiens ou espagnols, ce qui fait qu’aujourd’hui il s’agit d’une association d’environ 70 collectivités territoriales qui représentent, plus de 45 millions d’habitants c’est-à-dire environ un dixième de la population de l’UE à 27. Son poids en matière de lobbying  et son importance traduite par le travail fourni par ses groupes stratégiques, sont significatifs.

En fait, Toulon et le Var se sont d’emblée inscrits dans  ce type d’ ouverture vers l’ Europe et les rives Sud et Est de la Méditerranée. Cet intérêt porté en priorité vers la mer et l’ extérieur du département, a été affirmé avec force, dès les débuts de l’Arc latin par Hubert Falco, actuel Secrétaire d’Etat à l’Aménagement du Territoire et Maire de Toulon. Il ne s’agissait pas d’une nouveauté mais d’une volonté déjà exprimée   lorsqu’il était président du conseil général du Var.   Cette action est poursuivie par le Président Horace Lafranqui qui m’a reconduit dans cette fonction.

Comment envisagez-vous l’?

Très modestement, il faut remettre les choses à leur place. L’arc latin du fait de son essence propre et du fait de sa propre composition en collectivités territoriales NUTS III, ne prétend qu’à un rôle, certes très important, mais qu’il faut sans cesse replacer dans le contexte de ses compétences. Ainsi, l’Union pour la Méditerranée voulue récemment par le Président Sarkozy, idée novatrice proposée, ne l’oublions pas, à Toulon en Février 2007,  constitue à nos yeux un grand espoir : un grand espoir de dialogue notamment Nord, Sud et Est de la Méditerranée. Cette idée a été reprise lors de l’Appel de Rome lancé par les trois chefs des exécutifs, italien, espagnol et français en Décembre 2007. Nous pourrons bientôt aborder ces différents aspects ici à Tanger dans le cadre du Forum Euro-méditerranéen. Pourquoi c’est important ? Tout simplement parce que le bras séculier, le bras d’action proprement dit des collectivités territoriales, à ce niveau, est surtout constitué par les mise en œuvre des coopérations décentralisées. Je pense que la coopération décentralisée peut apporter beaucoup dans les relations qui prédominent dans notre région. Je crois que ces actions pourront s’inscrire non seulement dans le sens Nord-Sud mais aussi dans le sens Sud-Sud. L’ Union pour la Méditerranée suscite de grands espoirs et s’inscrit complètement dans le partenariat euroméditerranéen mieux connu sous le nom de processus de Barcelone.

Il est bon de retenir que nos actions, beaucoup plus simples, plus sous-dimensionées que celles portées par les Etats s’inspirent de la méthode des petits pas, chère aux pères fondateurs européens : Schuman, Monnet etc… qui ont conduit à des résultats concrets en faveur de la construction européenne. Ce processus peut se reproduire de la même façon, à un niveau intermédiaire. Il est, en effet,  plus simple de mettre en place des coopérations décentralisés avec des personnes qui se connaissent et s’apprécient, qui se confient des projets, qui sont parties prenantes d’ actions dont ils partagent tous les intérêts, plutôt que de tenter de lointaines et hasardeuses négociations hors de notre portée. Voilà la raison pour laquelle j’ai proposé que soit retenue l’expression : L’Arc latin, une sorte de préfiguration de l’Union pour la Méditerranée ?

 

Vous êtes également Conseiller général du Var. Au sein du département comment  l’Union pour la Méditerranée  est-elle envisagée?

 

Il faut se situer sur deux plans différents. Je suis, en effet, Conseiller général du Var Réélu en Février 2008, dans le huitième Canton de Toulon, où j’ai bénéficié du soutien et de la confiance d’Hubert Falco. J’ai été réélu pour m’occuper des  affaires de ce canton, qui comprend plus de 25 000 habitants, canton très contrasté et très attachant Tous les Conseillers généraux font partie de plusieurs commissions, donc je ne citerai pas toutes celles auxquelles j’appartiens, je dirai simplement que j’agis en totale concertation non seulement avec le Président Lanfranchi et en coordination rapprochée, avec la ville de Toulon et l’agglomération Toulon Provence Méditerranée. Vous voyez que le nom Méditerranée resurgit sans cesse dès que nous évoquons nos domaines d’actions. J’assume, en particulier, la présidence de la commission de l’Enseignement supérieur et de l’Europe. C’est dire qu’il faut avoir, dans le cadre des compétences du Département, une vision claire des actions que nous pouvons mener.  Au niveau de l’Europe, en dehors de l’Arc latin proprement dit, mais cependant toujours en connexion étroite avec lui, je représente, chaque fois qu’il me le demande, le Président Lafranqui, afin de faire entendre la voix du Var : une voix connue et reconnue puisque j’ai été reçu par les plus hautes personnalités  telles Mme D. Hübner, M. José Manuel Barroso, Michel Barnier, F. Borrel, M. Delebarre.

Pensez-vous que les varois s’impliqueraient dans l’Union pour la Méditerranée ?

Par leur histoire, leur tradition et leur culture, le Var et Toulon l’ont toujours fait. S’impliquer dans ce cadre demandera bien entendu un minimum de pédagogie, mais les racines lointaines des varois leur permettront de retrouver les accents qui les ont conduits depuis la préhistoire comme à Quinson en passant par des temps moins reculés comme celui du commerce de la pourpre au temps des romains, relayés par toutes les expéditions militaires et scientifiques  parties de Toulon au coeur de «  la plus belle rade d’Europe ». Tous les malheurs et les bonheurs qui ont émaillés l’histoire de la Méditerranée ont toujours eu comme caisse de résonance, plus ou moins proche, Toulon et le Var. Toulon s’est toujours impliquée . Je pense que l’Union pour la Méditerranée la concerne complètement. Je crois même,  que, compte tenu de sa position privilégiée au centre même de l’Arc Latin, centre géostratégique et politique, Toulon occupera une place éminente et incontournable dans les choix qui pourront être faits pour l’Union pour la Méditerranée.

Que pensez-vous du fait que l’Europe s’implique dans le projet, notamment l’Allemagne ?

On a dit que le projet du Président Sarkozy avait été quelque peu édulcoré, notamment par  la prise de position d’Angela Merkel. L’Appel de Rome de Décembre 2007,  lancé par les trois chefs des  exécutifs : M Zapatero, M Prodi et M Sarkozy, doit pouvoir permettre des avancées par l’ouverture des portes à tous les membres de l’UE à ce projet d’Union pour la Méditerranée. A partir de thèmes forts et fédérateurs comme par exemple celui de la dépollution de la Méditerranée, thème très actuel, surtout après les visites du président Sarkozy vers la rive sud, notamment en Tunisie, on doit pouvoir avancer vers des champs d’actions pouvant être conduits dans le bassin méditerranéen. En ce qui concerne l’Arc latin ces actions sont pour l’instant plutôt menées dans le bassin occidental de la Méditerranée. Car Il faut sans cesse rappeler notre cadre de compétences et surtout ne pas oublier que l’ensemble politique et géostratégique de la Méditerranée est suspendu au règlement du conflit israélo-palestien qui, bien entendu nous dépasse.

Pensez-vous que le projet de l’Union pour la Méditerranée ne soit pas un peu trop euro-centré?

Je ne le crois pas. Ce n’est pas en tout cas la philosophie que développe Alain Leroy ancien ambassadeur de France à Madagascar, et qui s’est beaucoup impliqué et qui continue à l’être dans la mise en place de ce projet. Il a bien précisé : qu’il s’agit plus d’une technique de coopération que d’une technique d’intégration. Toute la pertinence du projet de N.  Sarkozy tient dans ce distinguo par rapport au Processus de Barcelone. En effet, le processus de Barcelone qui a montré ses limites surtout lorsqu’il a été évalué lors de son dixième anniversaire en 2005, montre qu’il s’appuie surtout sur une méthode d’intégration et non de coopération. L’alternance de responsabilité et de compétitivité de part et d’autre de la Méditerranée est un objectf fédérateur, qui permet de mutualiser des ressources dans un cadre à la fois pertinent et innovant. C’est celui du projet du Président de la République.

Qu’attendez vous du Forum de Tanger ?

J’espère de riches et fructueuses retombées qui nous permettront de mieux nous connaître et de mette en place des batteries de coopérations. Qu ‘elles débouchent sur des faits concrets. C’est à partir du moment où nous connaîtrons mieux nos correspondants que nous pourrons faire avancer des idées novatrices et conduire des actions fortes. Avec nos correspondants nous analyserons les thèmes mis en commun que nous pourrons d’abord valider d’autant plus facilement que nous aurons su créer un climat de confiance réciproque. A partir de là nous ferons avancer les choses, peut être encore une fois selon la méthode des petits pas, mais d’une manière concrète et réaliste.

Existe-t-il un axe Toulon Tanger ?

 

Le Forum de Tanger à qui je souhaite le plus grand succès s’inscrit dans les initiatives que nous avons prises à Toulon. Ainsi, dès 2004,  sous la Présidence d’H. Falco et de H. Lanfranchi, j’avais organisé le premier forum euro-méditerranéen de Toulon et du Var, avec Michel Barnier. Plus récemment nous avons organisé aussi le Premier Forum des jeunes de l’Arc Latin. Nous avons pris un peu d’avance dans ce domaine là, et pourquoi pas ne pas partager nos expériences ? Nous sommes très complémentaires. Je pense qu’il faut envisager les choses avec beaucoup d’optimisme et de conviction

 

 

 

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